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L’économie du partage à l’épreuve des gestes barrières

Souvenez-vous ! C’était avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe : l’actualité n’était alors pas consacrée à la maladie mais au désordre lié à l’arrivée des trottinettes électriques en libre-service dans nos villes ; certaines, à l’image de Montréal, l’avaient même banni.

Symbole de l’économie du partage, elles étaient accusées de « coloniser » les trottoirs de nos villes à l’image de cette nouvelle économie, celle du partage, qui prenait une place grandissante dans nos vies ; Airbnb pour nos week-ends, pour nos vacances ; Uber pour nous mouvoir dans la ville ; etc.

Ainsi, les sociétés de l’économie du partage devaient, selon les projections, transformer des secteurs économiques entiers et notamment les industries comme le transport, le tourisme et même le prêt-à-porter. Les économistes prédisaient même que l’économie du partage générerait 335 milliards de recettes d’ici 2025.

C’était avant le coronavirus.

Aujourd’hui, Uber a indiqué dans son rapport trimestriel avoir perdu près de 3 milliards de dollars et que ses réservations avaient baissé de près de 80 % en avril, l’obligeant à licencier 14 % de son personnel. Et les perspectives ne sont pas réjouissantes pour la plateforme : selon un sondage IBM, plus de la moitié des personnes utilisant les applications de partage de véhicules envisageaient de réduire leur recours à ces services, voire de l’arrêter complètement.

Avec l’effondrement de l’industrie du voyage, la plateforme de location de logements Airbnb, elle, a licencié 25 % de ses employés. Toutefois, le groupe tente de se rassurer (et de rassurer) en mettant en avant la « relation de confiance avec ses utilisateurs tissée depuis de longues années » et la mise en place d’un protocole sanitaire strict.

Les défis sont en effet nombreux pour les acteurs de l’économie du partage.

L’urbanisation, la densification et les comportements spécifiques des consommateurs liés à cela sont des facteurs-clés du développement de l’économie du partage. Mais aujourd’hui, des mutations profondes se font jour et nous pouvons citer quelques exemples :

 

  • Moins de transports en commun mais plus de vélo, plus de trottinette. Toutefois, la pandémie rend plutôt enclin le consommateur à acheter (les ventes ont explosé) son propre vélo, sa propre trottinette, plutôt que d’utiliser les vélos/trottinettes en libreservice – sauf à être armé de lingettes désinfectantes ;
  • En outre, les utilisateurs de VTC vont continuer à être réticents à monter dans une voiture avec quelqu’un qu’ils ne connaissent pas, de crainte d’être infectés.

 

Comme de nombreux secteurs, l’économie du partage basée sur une notion, celle du partage, qui peut effrayer à l’heure d’une pandémie se doit de restaurer la confiance pour retrouver ses clients. Cela est d’autant plus compliqué que dans tous les cas, l’utilisateur devra aussi faire confiance…à chaque personne ayant occupé le siège de voiture, la trottinette, le vélo, l’appartement avant lui.

Aussi, l’achat de biens propres va continuer de se développer. Drôle de paradoxe alors que le consumérisme est de plus en plus critiqué.

Benjamin BUFFAULT

 

Par Benjamin Buffault

Directeur de clientèle chez Equancy&Co