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Catégorie : Culture Sport & Loisirs Les réseaux sociaux et TikTok en particulier sont-ils devenus des incontournables du débat public ? Les réseaux sociaux et TikTok en particulier sont-ils devenus des incontournables du débat public ?
Les réseaux sociaux et TikTok en particulier sont-ils devenus des incontournables du débat public ?

Les bacheliers du cru 2020 n’auront pas connu cette sensation si particulière, qu’est celle qu’ont partagée tous les bacheliers, le jour des résultats du bac. Le cœur qui s’emballe en arrivant devant une foule de lycéens qui piétine, qui joue des coudes, pour tenter d’atteindre les panneaux d’affichage qui trônent dans la cour du lycée, et qui détiennent la réponse tant attendue…

Non, rien de tout ça pour les bacheliers 2020. Le bac aurait presque pu passer inaperçu cette année, s’il n’y avait pas eu, le 07 juillet dernier, une « allocution » du Président de la République sur le réseau social TikTok, dans laquelle Emmanuel Macron y adresse ses félicitations aux jeunes diplômés.

Est-ce un hasard si Emmanuel Macron a choisi le réseau social de prédilection de la jeune génération – la « génération Z » – pour s’exprimer ? Rien n’est moins sûr, car la crise sanitaire semble avoir donné un coup d’accélérateur à cette jeunesse déjà bien décidée à se faire entendre et à prendre sa place, et qui a fait des réseaux sociaux, et plus particulièrement de TikTok, son terrain de jeu et d’expression favori.

Si l’intervention TikTok d’Emmanuel Macron comptabilise à ce jour près de 10 millions de vues, son impact sur la jeunesse reste moindre. Cette vidéo n’a pas fait « le buzz », car trop formelle et trop solennelle, loin des codes si spécifiques de ce réseau social et de cette jeunesse.

Car c’est là tout l’art de TikTok : savoir communiquer de façon légère, divertissante, voire désinvolte, peu importe le sujet.

Avec le Covid-19, le réseau social a pris une envergure différente, et, au-delà de cette notion de divertissement qui n’en reste pas moins prégnante, TikTok est devenu, en quelques mois, le moyen d’expression, voire le média, incontournable de la jeunesse à travers le monde, sur tous les sujets de société, et une façon pour elle, de peser dans le débat public. Et c’est peut-être là un nouvel effet Covid qui se révèle à nous…

Depuis le début de la crise sanitaire, les vues de vidéos associées au hashtag #coronavirus se comptent en milliards. En France, le hashtag #soignant, avoisine les 70 millions de vues. La génération Z s’est complétement saisie du sujet et TikTok est devenu un média de référence pour suivre l’évolution de la pandémie, si bien que même de grandes institutions telles que l’Organisation Mondiale de la Santé ont dû emboîter le pas et rejoindre la plateforme, pour se donner une chance d’être entendues par ces quelques millions de jeunes.

Dans sa vidéo aux jeunes bacheliers, Emmanuel Macron leur adressait entre autres le message suivant : « Votre génération a devant elle, un monde à inventer ».

Ne serait-ce pas là une forme de reconnaissance que la jeunesse, frappée de plein fouet par la crise sanitaire, serait une jeunesse encore plus forte et plus puissante ? Une jeunesse galvanisée par son pouvoir de résonnance et sa capacité à peser dans le débat public et à se faire entendre ?

Les réseaux sociaux, avec TikTok en tête de proue, donnent donc une force de frappe indéniable à la jeunesse du monde d’après, et les rapports de force semblent s’inverser. Les jeunes ne sont désormais plus installés devant leurs postes de télévision, à écouter religieusement tel ou tel discours. Ils tracent leur route, se créent leurs médias, leurs relais d’influence, et leur manière de vivre l’actualité et les grands enjeux de société. En somme, la jeunesse réinventent les rapports de force existants et les codes de communication traditionnels. Aux institutions et aux gouvernements désormais, de se frayer un chemin parmi ces nouvelles tendances.

Camille STUDER

Par Camille Studer

Camille Studer est formée à l’intelligence économique et au digital, et après avoir passé cinq années dans l’économie numérique comme Directrice de projet puis comme Manager, elle travaille désormais comme Chef de projet éditorial en freelance.

Dans le cadre de ses fonctions, Camille pilote divers projets éditoriaux (conception-rédaction de contenus, newsletters, notes d’analyse, tribunes, etc.) et accompagne également ses clients dans leur stratégie RP et influence (dossiers de presse, communiqués de presse, cartographies d’influence), dans leur stratégie digitale, et dans la construction de leur plateforme de marque.