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PARABOLE par Robert Zarader

Extrait de l’essai GAFA : Reprenons le pouvoir ! de Joëlle Toledano publié chez Odile Jacob

Les réinventeurs du panoptique

Mélange d’une pensée architecturale économique et politique, le panoptique de Bentham permettait de contrôler tous les prisonniers d’un établissement carcéral « parfait »… Les GAFA en on fait un mode de fonctionnement où tous les utilisateurs sont «vus » et « contrôlés » mais l’écosystème des GAFA également. Un mode rêvé et conçu d’algorithmes et de données qui emprisonnent à la perfection.

Les consommateurs et acteurs enchaînés

Contrôlés dans ce panoptique idéal, les agents sont non seulement contrôlés mais « enchaînés » entre eux dans une communauté artificielle d’usages et de préférences erronés et dans un système où les algorithmes et les données dictent les trajets dans une prison commerciale virtuelle.

Des prisons de plus en plus grandes

La croissance des GAFA se confond avec la croissance de leur emprise – leur audience – vis-à-vis des internautes, comme des acteurs économiques extérieurs dépendants, soit directement (technologies, servies) soit indirectement (commerces et connaissances).

Les GAFA y font la loi

Les GAFA œuvrent au règlement intérieur de ce panoptique idéal. A travers leurs lois (statistiques, algorithmes), ils font « la loi », leur loi qui obéit à des logiques internes à leur monde, codifiée et régulée dans leur logique. La raison de leur puissance est aussi dans cet état de fait.

Le shérif est en prison

Dès lors que la loi est internalisée et contrôlée le shérif régulateur est « embarqué » dans cette prison organisée de la même façon, et au même titre, que pour les consommateurs et que pour les acteurs économiques.

Les vertus macroéconomiques supposées des GAFA : du mythe à une réalité modeste

Certains plaident l’indulgence régulatrice vis-à-vis des GAFA au nom de leur contribution à la croissance ! Aucune analyse macro-économique ne le démontre, bien au contraire même, le mobile des GAFA est bien plus la croissance des pouvoirs, de l’influence et de la valorisation de leur audience, avec facteur clé, la valorisation de service de l’ancien monde : la publicité et la grande distribution/surface.

L’impérialisme triomphant des algorithmes : une fatalité ?

Inspiré par Bentham le père de l’« utilitarisme » dont les GAFA font un usage sans modération, les GAFA sont, en même temps, les initiateurs non d’un néocapitalisme mais, encore aujourd’hui, d’une forme nouvelle d’impérialisme où la carte d’influence des GAFA se substitue à la géopolitique traditionnelle.

Les « GAFA nations » dont la forme de pensée la plus achevée est sans doute celle de Facebook : Une Nation, une Monnaie, une Constitution !

Par Robert Zarader

Président d’Equancy&Co