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Qu’a réellement changé la crise du covid pour l’immobilier de bureau ?

Avec l’essor du télétravail provoqué par le confinement, nombreuses sont les entreprises qui ont été tentées de réduire leurs coûts immobiliers à la faveur de la crise, et de faire de cette économie massive le point de départ d’un véritable changement de paradigme. C’est le cas par exemple du groupe PSA, qui a décidé non seulement de renforcer le travail à distance, mais également d’en faire la référence pour les activités non directement liées à la production. Résultat : un coup d’arrêt du marché de la location de bureaux (-65% par rapport à 2019) en région parisienne notamment, une zone géographique déjà durement touchée sur le plan de l’immobilier de bureau par les grèves des transports.

Sur le plan national, l’immobilier d’entreprise recule de -58% au deuxième trimestre 2020 (source: Immostat), un phénomène qui va de pair avec un taux de vacance de 5,5% sur la même période. A La Défense, certains grands groupes envisagent de délocaliser tout ou partie des fonctions siège en province, où les prix immobiliers sont moins élevés, tout en développant le recours au télétravail pour ne pas contraindre les salariés franciliens à la migration pendulaire. Si ce phénomène se développe, la demande de bureaux pourrait diminuer fortement, avec pour conséquence la baisse des prix immobiliers et des loyers dans les zones tendues : c’est ce qu’anticipe une étude du Fujitsu Research Institute, qui évalue à près de 40% les espaces de travail sous-exploités dans le secteur tertiaire avec, à terme, une réduction de 50% des besoins de surface pour les bureaux traditionnels d’ici à 2025.

 

Pour autant, est-ce que la crise sanitaire a réellement redonné du pouvoir de négociation aux salariés, en revalorisant l’expérience vécue sur le lieu de travail ? Lors des Rencontres Economiques d’Aix-en-Seine, début juillet, Méka Brunel, la patronne de Gecina, l’un des principaux propriétaires de bureaux en France, a estimé que les millenials, davantage en quête de sens que leurs aînés, choisissent davantage les entreprises avec lesquelles ils veulent s’engager en fonction de l’expérience qu’ils vivent sur leur lieu de travail, et que ce mode de raisonnement va être amené à se répandre avec les prises de conscience issues de la crise sanitaire. Mais avec l’explosion prévisible du taux de chômage, il n’est pas sûr que l’argument pèse réellement dans la balance au moment de signer un contrat d’embauche.

Et vous, accordez-vous une importance plus grande à la qualité de vie dans votre lieu de travail depuis la crise sanitaire ? Si vous êtes chef d’entreprise, avez-vous renoncé à votre bureau physique ?

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